Elle le regarde en face, sans comprendre où il veut en venir.

—Ne souhaitez-vous pas, miss Bolton, un mari qui serait tout à vous et auquel vous appartiendriez entièrement?

—Je... je ne comprends pas, défaille la jeune fille, dont l’embarras est extrême.

Il saisit sa main, l’attire à soi, de sorte que son visage domine le sien, et la regarde au fond de ses yeux bleus:

—Carry, murmure-t-il tendrement, dites un mot et vous serez ma femme, la seconde mère de mon Otto.

—Mon Dieu! balbutie-t-elle au comble de l’émoi.

Mais dans ses yeux clairs brille une flamme qui trahit sa joie et ne laisse aucun doute à Tornten sur son bonheur. Et, soudain, la douce tête s’abaisse et leurs lèvres s’unissent en un premier baiser d’amour.

—Je t’aime tant! dit-il, défaillant d’émotion.

—Je t’aime, répond-elle, depuis le jour où je t’ai vu pour la première fois.

Ils se séparent à regret, car voici Otto qui s’approche du lit: