—Quels messieurs?

—Je l’ignore.

—Et lui... lui... en est-il?

Kunst, qui a compris, répond faiblement:

—Je ne sais pas, monsieur le commandant. Puis, d’une voix ferme, il ajoute:

—Il se fait tard. Venez, je vous en prie; il y a trop longtemps que nous nous faisons attendre.

Thor de Tornten pousse un profond soupir, évoque les paroles fatidiques de la lettre qu’il cache en son sein et s’élance à la suite de son guide.

Tout comme autrefois, dans l’heure d’angoisse, ils atteignent la villa, dont Thor revoit les fenêtres éclairées au premier étage. Les deux hommes traversent l’avant-cour, et Kunst ouvre la porte de la maison. Devant lui, le lieutenant de vaisseau pénètre dans le vestibule, avec cette différence que, cette fois, la pièce est éclairée; puis ils gravissent, sans tâtonnements et sans hésitation, les marches de l’escalier, recouvertes d’un tapis.

Le compagnon de Thor frappe à une porte du premier, qui leur livre passage. Un instant encore ils sont dans l’obscurité, mais aussitôt la chambre s’éclaire et Thor de Tornten se trouve seul avec Kunst, qui débarrasse l’officier de son manteau et de son chapeau et le prie d’entrer dans la pièce voisine où il devra attendre la venue du comte.

Thor est maintenant dans un élégant salon-fumoir, sans pouvoir se rappeler y être précédemment venu. Impatient, il piétine au milieu de l’appartement, quand la porte s’ouvre de nouveau, livrant passage au comte Kammitz.