—Sûrement, Tornten. Ecoute-moi donc, car je ne suis pas seul: d’autres t’attendent et souhaitent te voir et t’entendre.
—Parle!
—Derrière cette porte—le comte indique celle par où lui-même est entré—huit Allemands se sont réunis, et je suis de ceux-là, qui veulent voir finir l’outrageante comédie qu’on joue au détriment de notre patrie. Ils te demandent si tu veux t’associer, toi, neuvième, à leurs projets.
Il croit comprendre et s’écrie dans une émotion vibrante:
—Je le veux, Kammitz, je le veux!
—J’ai encore quelque chose à te demander. Tu apprendras, tout à l’heure, tout ce que je ne puis te dire ici, parce que je suis lié, moi-même, par un serment. Mais il faut que tu saches que, parmi nous, il se trouve un homme que tu hais, dont la vue fera naître en toi l’horreur et la colère et dont, cependant, tu devras supporter la présence, pour l’amour de la grande idée.
—Unstett, prononce Tornten.
—Il est des nôtres.
Pendant quelques secondes, les deux hommes se taisent; enfin:
—Le kaiser appelle! dit lentement Kammitz avec intention.