Agnès put à peine se lever de sa chaise, elle tremblait. Henry lui offrit son bras pour la soutenir.

«Ne craignez rien, dit-il tout bas; je ne vous quitte pas.»

La comtesse les précéda dans le corridor ouest; elle s'arrêta au n° 38. C'était la pièce anciennement habitée par le baron Rivar; elle était juste au-dessus de la chambre où Agnès avait passé la nuit.

Depuis deux jours elle était vide. Quand ils ouvrirent la porte, il n'y avait pas de bagages; elle n'avait donc pas été louée.

«Vous voyez, dit la comtesse en montrant les sculptures de la cheminée; vous savez ce que vous avez à faire. Ai-je mérité que vous mêliez la pitié à la justice, continua-t-elle plus bas; donnez-moi quelques heures encore. Le baron veut de l'argent, et il faut que j'avance ma pièce.»

Elle sourit d'un regard égaré et fit semblant d'écrire en prononçant ces dernières paroles. Les efforts constants qu'elle avait faits pour fournir aux moindres besoins du baron pendant sa vie, ses demandes continuelles d'argent, et enfin le bénéfice qu'elle espérait tirer de sa pièce à peine ébauchée avaient dépassé ses forces.

Quand on lui eut accordé ce qu'elle réclamait si instamment, elle ne remercia pas Agnès; elle se contenta de dire:

«Ne craignez rien, miss; je ne chercherai pas à m'échapper. Où vous êtes, il faut que je sois, et cela jusqu'à la fin.»

Son regard fatigué se promena autour de la chambre d'un air stupide; puis à pas lents, trébuchant comme une femme usée par l'âge, elle rentra chez elle et se remit au travail.

XXIV