» Doivent-ils jeter leur prisonnier dans le canal?

» Le baron se refuse à confier son secret à l'eau, l'eau peut rejeter le cadavre.

» Doivent-ils mettre le feu à son lit?

» C'est une excellente idée; mais on peut voir la fumée. Non: les circonstances, du reste, sont maintenant changées du tout au tout. Le meilleur moyen d'en sortir c'est encore de l'empoisonner. Le premier poison venu fera l'affaire.»

«Croyez vous, Henry, qu'il soit possible qu'une pareille discussion ait eu lieu?»

Henry ne répondit pas. La suite des questions que l'on venait de lire se présentait exactement dans le même ordre que les rêves qui avaient épouvanté Mme Narbury pendant les deux nuits qu'elle avait passées à l'hôtel. Il était inutile de faire part de cette coïncidence à son frère.

«Continuez,» lui dit-il seulement.

Lord Montbarry feuilleta le manuscrit jusqu'au premier passage un peu lisible.

«Ici, continua-t-il, si je comprends bien les indications de mise en scène, le théâtre est coupé en deux. Le médecin est en haut écrivant naïvement le certificat de décès du lord, au chevet du courrier mort. En bas, dans les caveaux, le baron est debout près du lord empoisonné, préparant les acides qui doivent aider à réduire ses restes en cendres.

» Ne perdons pas notre temps à déchiffrer de pareilles noirceurs de mélodrames! Passons! Passons!»