—Kitty! vous me choquez, dit Mme Ellison en se dressant sur ses coussins.
—Je suis choquée moi-même, Fanny.
—Alors êtes-vous réellement fatiguée de lui?
Kitty, debout près de la chaise qu’elle venait d’abandonner, détourna la tête sans répondre.
Mme Ellison étendit la main vers elle:
—Kitty, approchez! dit-elle avec un élan d’impérieuse tendresse.
—Non, Fanny, je ne veux pas, répondit la jeune fille d’une voix tremblante.
Elle porta à sa bouche le gant que sa main secouait nerveusement de droite à gauche, et en mordit convulsivement le bouton.
—Je ne sais pas si je suis fatiguée de lui, dit-elle—quoique, à coup sûr, ce ne soit pas un homme sur qui on puisse se reposer—mais je suis fatiguée de la chose elle-même. Je suis continuellement dans l’angoisse et le trouble, et je n’y vois pas d’issue. Oui, je voudrais qu’il partît! Oui, il est fatigant. Pourquoi reste-t-il ici? S’il se croit si supérieur à nous, pourquoi tenir à notre compagnie? Il est temps qu’il s’en aille. Non, Fanny, non! s’écria-t-elle avec un petit rire saccadé, en repoussant encore une fois la main qu’on lui tendait, laissez-moi faire la folle toute seule, je vous en prie.
Et, passant rapidement la main sur ses yeux, elle s’enfuit hors de la chambre. A la porte, elle se retourna: