Il fournit aux jésuites l’argent nécessaire pour entretenir un établissement religieux près de Québec; et cet établissement de Peaux-Rouges convertis au christianisme prit le nom euphonique du donateur, nom que l’endroit porte encore aujourd’hui.

Il devint tout de suite important comme la première résidence des jésuites et des religieuses de l’Hôtel-Dieu, qui, là, travaillèrent et souffrirent pour la religion, en butte aux horreurs de la pestilence, aux rigueurs de l’hiver et aux attaques des Iroquois.

Ce fut le théâtre de scènes miraculeuses, de martyres, de choses extraordinaires de toutes sortes, et le foyer de l’évangélisation indienne.

Bien peu d’événements de l’histoire si pittoresque de Québec lui ont été étrangers.

Du reste, l’endroit est digne d’être visité, autant pour la beauté sauvage du site que pour ses héroïques traditions.

A environ une lieue de la, ville, au point où l’irrégulière muraille de roc sur laquelle Québec est bâtie s’éloigne du fleuve, un vaste tapis de verdure s’étend entre le bord de l’eau et le pied du rocher couvert de bois.

C’est là que se trouvaient la mission et le village indien.

Encore aujourd’hui la puissante structure qui servit de première demeure aux jésuites est là—modernisée, naturellement, et consacrée à des usages profanes—mais solide comme autrefois, et bonne encore pour un siècle.

Alentour s’étend tout un monde de piles de bois d’équarrissage, couvrant toute la surface d’une anse profonde, l’une des nombreuses échancrures que présentent les rives du Saint-Laurent.

Un village de pauvre apparence s’échelonne le long de la route, sur le bord du fleuve.