—Plus tard, reprit-elle, je ne puis dire s’il me plaisait ou non, ni même s’il cherchait à me plaire. M’est avis qu’il agissait d’une façon assez étrange pour un homme... épris. Je me sentais troublée et mal à l’aise avec lui. Il paraissait toujours se rendre aimable par pure condescendance.
—C’était peut-être un simple effet de votre imagination, Kitty.
—Peut-être; mais je n’en étais pas moins troublée.
—Et depuis?
—Depuis—c’est-à-dire après notre excursion à l’endroit où Montgomery fut tué—il m’a paru complètement changé. Il s’efforçait d’être agréable, et semblait faire tout en son pouvoir pour se faire aimer. Je ne puis m’expliquer cela. Il était rempli d’attentions pour moi, et se conduisait à mon égard—sans s’en douter probablement—comme s’il eût eu des droits sur ma personne. Cependant c’est peut-être là encore un effet de mon imagination. Il est bien difficile d’analyser ce qui s’est passé entre nous pendant ces deux dernières semaines.
Kitty se tut, et Mme Ellison resta quelque temps silencieuse, puis tout à coup:
—Quand il agissait comme s’il avait eu des droits sur vous, demanda-t-elle, est-ce que cela vous était désagréable?
—Je ne saurais dire. Il y avait là un peu de prétention de sa part. Je ne sais pas pourquoi il agissait ainsi.
—Avez-vous du respect pour lui?
—Mais, Fanny, je vous ai toujours dit que je respectais en lui bien des choses.