Mme Ellison avait les faits devant elle; il s’agissait d’en faire l’addition, et d’en tirer une conclusion. Elle se redressa sur son siège, et se mit à examiner sa tâche.

—Eh bien, Kitty, dit-elle, je vais vous dire: je ne sais vraiment que penser, mais je puis vous affirmer ceci: s’il vous a plu d’abord, et déplu ensuite, et qu’il soit devenu plus agréable subséquemment, et que sa manie d’agir comme s’il eût eu des droits sur vous ne vous a point choquée, et si vous le respectez, sans cependant le trouver charmant....

—Mais il l’est, charmant, à sa façon. Il l’a été dès le commencement. Dans un roman, ses manières froides, dédaigneuses, protectrices auraient été tout ce qu’il y a de plus attrayant.

—Alors pourquoi ne l’avez-vous pas accepté?

—Pourquoi? répondit Kitty entre le rire et les pleurs: c’est que nous ne faisons pas un roman, et je ne sais pas si je l’aime ou non.

—Mais pensez-vous que vous pourriez l’aimer?

—Je n’en sais rien. Sa demande a réveillé en moi tous les doutes que j’avais à son sujet, et m’a fait oublier les deux dernières semaines. Je ne sais pas si je l’aime. Si je l’aimais, est-ce que je n’aurais pas plus de confiance en lui?

—Eh bien, que vous ayez de l’amour ou non, je vais vous dire ce que vous êtes, Kitty, s’écria Mme Ellison, agacée par cette indécision, et soulagée de ce que l’alternative, quelle qu’elle fût, était remise d’un jour ou deux.

—Quoi?

—Vous êtes....