Cette minute pourtant laissa la jeune fille seule, pour la première fois ce jour-là, avec Dick et Fanny, et le silence se fit.
Ils ne pouvaient s’empêcher cependant de s’entre-regarder; et le colonel, pour faire croire qu’il ne songeait à rien, se mit à siffler, ce qui lui valut une réprimande de la part de sa femme.
—Pourquoi pas? demanda-t-il, nous ne sommes pas à un enterrement, je suppose.
—Certainement non! dit Mme Ellison.
Et Kitty, qui avait rougi au point d’avoir envie de pleurer, éclata de rire au contraire, et puis se fâcha contre elle-même, en voyant arriver Arbuton, dans la crainte qu’il ne s’imaginât être l’objet de cette gaîté intempestive.
—Le champagne devrait probablement être rafraîchi, observa Mme Ellison, lorsque le café, suffisamment remué, se mit à bouillir sur la braise.
—Je connais le ruisseau mieux que personne, dit Arbuton, et je sais un remous où il se rafraîchira plus rapidement que partout ailleurs.
—Alors vous allez l’y transporter, reprit l’organisatrice de la fête.
Et Arbuton s’éloigna docilement, la bouteille de champagne à la main.
La cruche qu’il avait remplie était dans l’herbe; un brusque mouvement de la jupe de Kitty la renversa.