Les dames montèrent les marches du perron, et jetèrent lentement et languissamment un regard sur les personnes présentes.

Mais en apercevant Arbuton, l’une d’elles s’avança directement vers lui, avec des exclamations de surprise et de joie, pendant que, tout stupéfait et par un mouvement tout mécanique, il se retournait du côté de la nouvelle venue.

C’était une dame d’un âge assez avancé, mise avec une certaine hardiesse de couleur et de tournure plutôt qu’avec mauvais goût; et, dans l’expression de sa surprise, elle avança une petite main merveilleusement gantée.

Ses manières effarouchées étaient celles d’une personne qui aurait combattu avec acharnement pour atteindre une haute position dans la société, et dénotaient une certaine haine sourde contre ceux qui, forcés de lui céder le pas, avaient rendu son succès pénible et humiliant.

Elle était accompagnée d’une jeune fille très jolie, mise avec un goût exquis, justement assez à la mode pour démontrer qu’elle était maître passé en fait d’élégance.

Mais ce n’était pas le style tranchant de New-York.

Une sobriété particulière dans la coupe, une concession toute distinguée à la mode du jour, beaucoup de discrétion dans les accessoires, donnaient à sa toilette entière un cachet qui ne pouvait appartenir qu’à Boston.

L’éclat de ses lèvres, de son teint et de ses yeux étaient incomparable.

Des masses d’admirables cheveux blonds équilibraient d’une façon charmante sa tête délicate.

Elle avait un air d’indépendance innocente, l’expression angélique d’un jeune garçon d’une beauté parfaite, mêlée aux charmes et aux grâces de la femme.