A mi-côte leur véhicule se trouva engagé dans un encombrement d’autres voitures qui montaient; et le cocher arrêta son cheval pour les laisser passer.

Au même instant, Kitty vit s’avancer sur le trottoir un individu qui avait une ressemblance grotesque avec Arbuton.

C’était lui, mais plus petit, plus malingre et plus chétif.

Ou plutôt, ce n’était pas lui, mais seulement un paletot comme le sien enveloppant un petit être autour duquel il pendait en plis flasques—une caricature du précieux pardessus d’Arbuton, ou plutôt l’article lui-même présentant un misérable et comique rapprochement.

—Pourquoi ce petit vaurien se permet-il de vous fixer ainsi, Kitty? demanda Fanny.

—Je ne sais pas, répondit Kitty, d’un ton distrait.

L’individu s’était mis à sourire et à gesticuler avec véhémence. Kitty se rappela l’avoir déjà vu; puis elle reconnut le tonnelier qui avait délivré Arbuton du chien furieux, sur la rue Saut-au-Matelot, et auquel il avait abandonné son paletot endommagé.

Le petit être déboutonna gauchement le pardessus, et tira d’une poche intérieure quelques lettres qu’il présenta à Kitty, en parlant français avec volubilité.

—Que fait il, Kitty?

—Qu’est-ce qu’il dit, Fanny?