Par une étrange impression, il se sentait pour ainsi dire seul au monde, là, avec cette jeune fille; et il se permit de jouir un peu de ce sentiment, assurément exempt de tout danger.
Mlle Ellison et lui venaient de Niagara, paraît-il.
Ils causèrent de cet endroit, se gardant bien, quant à elle, de révéler qu’elle avait, là, remarqué Arbuton pour la première fois.
Tous deux ils avaient descendu les rapides du Saint-Laurent, et tous deux ils avaient passé une journée à Montréal.
Ces coïncidences contribuaient à les intéresser l’un à l’autre d’une façon toute particulière; et cet intérêt s’accrut encore quand ils apprirent que leur commune expérience s’arrêtait là,—elle ayant passé trois jours à Québec, et lui, comme on le sait, étant venu directement de Montréal.
—Avez-vous beaucoup admiré Québec, miss Ellison?
—Oh! oui, vraiment! C’est une ancienne ville magnifique, et remplie d’une foule de choses, que je connaissais par la lecture, mais que je n’espérais jamais voir. Vous savez que c’est une place forte?
—Oui. Mais j’avoue que je l’avais oublié jusqu’à ce matin. Y avez-vous trouvé tout ce que vous vous étiez imaginé d’une forteresse?
—Plus, si c’est possible. Nous avions avec nous des gens de Boston qui nous ont dit que c’était exactement comme en Europe. Ils en soupiraient, car cela leur rappelait bien des souvenirs de l’ancien continent. Ils venaient de se marier.
—Est-ce là ce qui leur faisait trouver une ressemblance entre Québec et l’Europe?