Mais en ce moment leur automédon vint à son secours.
—Mesdames et Messieurs, dit-il, ici finit la promenade de la montagne.
Et tournant bride, il partit au grand trot dans la direction du village.
Au pied de la montée, ils se trouvèrent de nouveau près de l’église, et les voyageurs manifestèrent le désir de descendre de voiture pour en visiter l’intérieur.
—Oh! certainement, dit le cocher; il n’est pas encore terminé, mais vous pouvez y faire toutes les prières que bon vous semblera.
L’église était propre et décente, comme presque toutes les églises canadiennes; et à cette heure matinale plusieurs villageois étaient à leurs dévotions.
Le chemin de la croix de rigueur, en dessins lithographiés, ornait les murs, et sur le grand autel toujours le même faux éclat de peinture et de sculpture.
—Je n’aime pas à voir ces choses, dit Mme Ellison. Cela respire l’idolâtrie; qu’en pensez-vous, monsieur Arbuton?
—Ma foi, je n’en sais rien. Je ne vois pas quel mauvais effet pourrait en résulter pour la population.
—Je suis d’opinion qu’ils ont besoin d’une foi robuste dans ces climats froids, dit le colonel. Cela contribue à les tenir chauds. Il y aurait trop de courants d’air dans cette église nue. Il leur faut quelque chose de serré, de pelotonné. Imaginez-vous un de ces pauvres diables écoutant un sermon libéral sur les oiseaux, les fruits, les fleurs et les beaux sentiments, et puis s’en retournant chez lui par-dessus les montagnes, quand le mercure marque trente degrés au-dessous de zéro? Il n’y pourrait point tenir.