Il allait de ci de là avec anxiété et sans aucun résultat, pendant qu’on transportait la malade au grand air, sur l’avant du steamer, où, en quelques minutes, il eut la satisfaction de lui voir rouvrir les yeux.
Ce n’était pas le temps de parler, et il s’éloigna d’un air presque coupable, avec le reste de la foule qui se dispersait.
Mme Ellison adressa ses premiers mots à Kitty, qui se tenait toute pâle auprès d’elle:
—Vous pouvez avoir tous mes effets maintenant, dit-elle, comme si c’eût été là une clause de son testament, sa dernière pensée peut-être en perdant connaissance.
—Mais, Fanny, s’écria Kitty avec un rire nerveux, vous n’allez pas mourir. Une entorse au pied n’a rien de fatal.
—Non; mais je sais qu’une personne qui s’est foulé la cheville ne saurait mettre le pied par terre durant des semaines; et je n’aurai plus besoin que d’une robe de chambre, vous savez, pour rester sur un canapé.
Et la jeune femme posa tendrement la main sur la tête de Kitty, comme une mère inquiète de ce que deviendra son enfant quand elle ne sera plus là.
Elle comparait dans son esprit l’avantage pour Kitty d’avoir une garde-robe complète à sa disposition, avec la perte qu’elle allait faire des petits stratagèmes d’amitié dont elle ne pouvait se passer.
Incapable de se prononcer soit d’un côté soit de l’autre, elle soupira.
—Mais, Fanny, vous ne pouvez pas voyager en robe de chambre.