—Exactement. Avez-vous jamais entendu parler d’eux?
—Non.
—Je pensais que vous auriez pu connaître M. March. Il s’occupe d’assurances......
—Oh non! non, je ne le connais pas insista Arbuton.
Kitty se demanda s’il n’y avait pas quelque tache dans la réputation professionnelle de M. March, mais rejeta aussitôt cette idée comme absurde; et, s’apercevant que ses amis étaient dédaignés, elle prétendit bravement qu’ils étaient les plus aimables personnes qu’elle eût jamais rencontrées, et qu’elle regrettait fort leur absence de Québec en ce moment.
Il partagea ce regret en silence, si toutefois il le partagea, et tous deux marchèrent sans rien dire jusqu’à la barrière du Palais.
Une fois en dehors des murs, ils suivirent la rue tortueuse qui conduit à la basse-ville.
Mais la promenade n’était pas précisément agréable pour Kitty.
Des craintes confuses lui montraient vaguement, en matière de bon goût, des écueils qu’elle n’avait jusque-là jamais aperçus ni soupçonnés, non seulement dans le domaine de l’art et de la société, mais encore dans celui des choses de la vie entière.
Celle-ci lui était d’abord apparue comme un horizon souriant, mais se rétrécissait soudainement pour elle en un étroit sentier où le voyageur est plus préoccupé de chacun de ses pas que de l’issue finale de ses pérégrinations. Cette impression était aussi obscure et aussi incertaine dans son esprit, que ce qui y avait donné lieu, et en réalité cela se réduisait à rien du tout.