Pourtant elle se rappela que les March avaient vu l’Europe eux aussi, et qu’ils étaient de Boston; et cependant ils n’allaient pas foulant tout le reste à leurs pieds. Ils paraissaient au contraire s’intéresser à tout ce qu’ils voyaient, accordant à chaque chose, sinon une louange, du moins une attention amicale.
Elle aimait cela. Elle n’aurait pas eu d’objection à voir Arbuton rire ouvertement de son tableau favori, et elle se serait volontiers jointe à lui pour cela; mais le regard qu’il avait jeté sur elle—malgré l’air poliment interrogateur qu’il avait bien voulu donner—à celui-ci l’avait comme reléguée en dehors du monde connaisseur en général, et avait paru condamner son goût sur toute espèce de choses.
En sortant de la cathédrale, elle aurait préféré rentrer chez elle, mais il la pria de continuer leur promenade, si elle n’était pas fatiguée.
Ne pas y consentir aurait été une lâcheté, et Kitty était brave. Ils descendirent donc la rue de la Fabrique, et prirent la rue du Palais. Comme ils passaient en face de l’hôtel Russell, ses bons amis lui revinrent à la mémoire.
—C’est ici, dit-elle, que nous avons logé la semaine dernière avec M. et Mme March.
—Ces gens de Boston?
—Oui.
—Savez-vous où ils demeurent à Boston?
—Nous avons leur adresse; malheureusement elle m’échappe en ce moment. Il me semble que c’est dans la partie sud de la ville....