Je vis très peu dans le dix-neuvième siècle par le temps qui court, et je ne m’occupe guère de ceux qui y vivent. Il me reste cependant un grain d’affection pour l’oncle Jack, et je veux que vous le lui offriez.
Il est probable que cette lettre va me coûter au moins six timbres.
J’oubliais de vous dire que Dick va tous les matins se faire raser dans un établissement de coiffeur, qui a nom Montcalm shaving and shampooing saloon. On l’appelle ainsi parce que c’est là, dit-on, que Montcalm a tenu son dernier conseil de guerre. C’est une curieuse petite maison à toit aigu, avec une façade ornée de fèves grimpantes, et un jardin en miniature tout rempli de mufliers.
Nous serons ici une semaine encore, à tous hasards; après quoi, je pense que nous reviendrons directement chez nous. Dick a déjà perdu assez de temps.
Avec beaucoup d’affection
A vous,
Kitty.
VII
Premiers rêves d’amour
Pour les deux jeunes gens dont les jours allaient ainsi s’écoulant ensemble, on ne peut dire que le mardi différât beaucoup du lundi, ni dix heures du matin de trois heures et demie de l’après-midi.
Ils n’étaient pas toujours sûrs du jour de la semaine, et s’imaginaient souvent que ce qui avait eu lieu le matin était arrivé dans l’après-midi de la veille.
Mais quelque incertains qu’ils fussent de l’heure et du caractère de leurs petites aventures, et quelles que fussent celles-ci, Mme Ellison, par l’intermédiaire de Kitty, faisait son possible pour se tenir au courant de tout.