— Cela représente 24,750 francs, dit-il.

— Merci, répliqua la veuve. Je m’en rapporte à vous ; car je suis trop paresseuse aujourd’hui pour vérifier. Maintenant, il se présente une autre difficulté : à qui appartient cet argent, à moi ou à Mathilde ? Aux termes du testament de ce pauvre sir Georges, il me semble qu’il revient à miss Griffin, mais je n’en suis pas sûre… Voyons, Mathilde, qu’en pensez-vous ?

— Ces choses-là vous regardent ; je m’en soucie peu, et vous donne raison d’avance, répondit miss Griffin, qui, en effet, n’était nullement intéressée : ou plutôt, ajouta-t-elle, en posant la main sur celle de Percy, vous allez décider pour moi.

— Mais, pour juger en connaissance de cause, il faudrait connaître le testament auquel lady Griffin fait allusion.

— Qu’à cela ne tienne ; je l’ai là.

On eût dit que la chaise de Cinqpoints se dressait sous lui : il fut obligé de s’y cramponner des deux mains.

— Le voici, continua lady Griffin ; ce n’est qu’une copie, comme vous voyez, faite par moi d’après le manuscrit de sir Georges. Les soldats n’aiment guère avoir recours aux hommes de loi, et l’original a été écrit en entier de la main du général à la veille d’une bataille. — Je vais vous lire ça… Moi, Georges Griffin, etc., etc., etc… Vous savez comment ces choses-là débutent… Étant sain de corps et d’esprit, etc., etc., etc. Je nomme et institue mes exécuteurs testamentaires mes amis Thomas Abraham Hicks, colonel au service de l’honorable Compagnie des Indes, et John Munro Mackirkincroft, de la maison Huffle, Mackirkincroft et Dobbs, de Calcutta. Je leur lègue en fidéicommis tous mes biens meubles et immeubles, qu’ils réaliseront le plus promptement que faire se pourra sans préjudice pour la succession. L’intérêt des sommes par eux réalisées sera partagé par parts égales entre ma femme, Leonora Emilia Griffin (née L. E. Kicksey), et Mathilde Griffin, ma seule et unique fille légitime. Le principal restera placé aux noms des dits fidéicommissaires T. A. Hicks et J. M. Mackirkincroft, jusqu’à la mort de ma femme, L. E. Griffin (née Kicksey), et, à son décès, sera mis à la disposition de ma dite fille, Mathilde Griffin, ou aux héritiers, exécuteurs testamentaires ou ayants droit de ma dite fille. Dans le cas où… Mais le reste ne signifie rien. Maintenant que vous voilà renseigné, monsieur Cinqpoints, tirez-moi d’embarras. A qui la somme en litige ?

— La chose est claire comme le jour : l’argent doit être partagé entre vous et miss Griffin.

— Tant mieux ! je croyais vraiment qu’il appartenait à Mathilde.

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