ÉNOBARBUS.—Seconde moitié du coeur de César, digne Mécène!—Mon honorable ami Agrippa!
AGRIPPA.—Bon Énobarbus!
MÉCÈNE.—Nous devons être joyeux, en voyant tout si heureusement terminé.—Vous vous êtes bien trouvé en Égypte?
ÉNOBARBUS.—Oui, Mécène. Nous dormions tant que le jour durait, et nous passions les nuits à boire jusqu'à la pointe du jour.
MÉCÈNE.—Huit sangliers rôtis pour un déjeuner[15]! et douze convives seulement! Le fait est-il vrai?
Note 15:[ (retour) ] On peut voir dans Plutarque quel était le luxe des repas d'Antoine.
ÉNOBARBUS.—Ce n'était là qu'une mouche pour un aigle; nous avions, dans nos festins, bien d'autres plats monstrueux et dignes d'être remarqués.
MÉCÈNE.—C'est une reine bien magnifique, si la renommée dit vrai.
ÉNOBARBUS.—Dès sa première entrevue avec Marc-Antoine sur le fleuve Cydnus, elle a pris son coeur dans ses filets.
AGRIPPA.—En effet, c'est sur ce fleuve qu'elle s'est offerte à ses yeux, si celui qui m'en a fait le récit n'a pas inventé.