CLAUDIO.—J'espérais que vous auriez refusé Béatrice; et que j'aurais pu vous faire finir sous le bâton votre existence solitaire, pour vous apprendre à être un homme à deux faces; ce que vous serez, sans contredit, si ma cousine ne veille pas sur vous de bien près.
BÉNÉDICK.—Allons, allons, nous sommes amis.—Un tour de danse avant d'être mariés, afin que nous puissions alléger nos coeurs et les talons de nos femmes.
LÉONATO.—La danse viendra après.
BÉNÉDICK.—Nous commencerons par là, sur ma parole.—Allons, musique, jouez.—Prince, vous êtes mélancolique: prenez-moi une femme. Il n'est point de bâton plus vénérable que celui dont la pomme est garnie de corne.
(Entre un messager.)
LE MESSAGER.—Seigneur, votre frère don Juan a été pris dans sa fuite, et une escorte de gens armés l'a ramené à Messine.
BÉNÉDICK.—Ne songez pas à lui jusqu'à demain: je vous donnerai l'idée d'une bonne punition pour lui.—Allons, flûtes, partez.
(On danse, ensuite tous sortent.)
FIN DU CINQUIÈME ET DERNIER ACTE.