LE MESSAGER.—Je lui ai déjà remis des lettres, et il a paru éprouver beaucoup de joie, et même à un tel excès, que cette joie n'aurait pas témoigné assez de modestie sans quelque signe d'amertume.

LÉONATO.—Il a fondu en larmes?

LE MESSAGER.—Complètement.

LÉONATO.—Doux épanchements de tendresse! Il n'est pas de visages plus francs que ceux qui sont ainsi baignés de larmes. Ah! qu'il vaut bien mieux pleurer de joie que de rire de ceux qui pleurent!

BÉATRICE.—Je vous supplierai de m'apprendre si le signor Montanto[1] revient de la guerre ici ou non.

Note 1:[ (retour) ] Montanto est un des anciens termes de l'escrime et s'appliquait à un fier-à-bras, à un bravache.

LE MESSAGER.—Je ne connais point ce nom, madame. Nous n'avions à l'armée aucun officier d'un certain rang portant ce nom.

LÉONATO.—De qui vous informez-vous, ma nièce?

HÉRO.—Ma cousine veut parler du seigneur Bénédick de Padoue.

LE MESSAGER.—Oh! il est revenu; et tout aussi plaisant que jamais.