ROSALINDE.—Mais y en a-t-il encore d'autres qui brûlent d'envie de voir déranger ainsi l'harmonie de leurs côtes? Y en a-t-il un autre qui se passionne pour le jeu de brise-côte[9].—Verrons-nous cette lutte, cousine?
Note 9: [(retour) ]
Côtes rompues, musique rompue, analogie entre la flûte inégale de Pan, et la disposition anatomique des côtes.
LE BEAU.—Il le faudra bien, mesdames, si vous restez où vous êtes; car c'est ici l'arène que l'on a choisie pour la lutte, et ils sont prêts à l'engager.
CÉLIE.—Ce sont sûrement eux qui viennent là-bas: restons donc, et voyons-la.
(Fanfares.—Entrent le duc Frédéric, les seigneurs de sa cour, Orlando, Charles et suite.)
FRÉDÉRIC.—Avancez: puisque le jeune homme ne veut pas se laisser dissuader, qu'il soit téméraire à ses risques et périls.
ROSALINDE.—Est-ce là l'homme?
LE BEAU.—Lui-même, madame.
CÉLIE.—Hélas! il est trop jeune; il a cependant l'air de devoir remporter la victoire.
FRÉDÉRIC.—Quoi! vous voilà, ma fille, et vous aussi ma nièce? Vous êtes-vous glissées ici pour voir la lutte?