COMINIUS.—Je vous dis qu'il est comme sur un trône d'or: son oeil est enflammé comme s'il voulait brûler Rome. Le souvenir de son injure tient l'entrée de son coeur fermée à la pitié. Je me suis mis à genoux devant lui; et à peine m'a-t-il dit, d'une voix faible: Levez-vous! et il m'a congédié ainsi, d'un geste muet de sa main. Ensuite il m'a fait remettre un écrit contenant ce qu'il voulait faire et ce qu'il'ne voulait pas faire, protestant qu'il s'était engagé par serment à s'en tenir à ses conditions: en sorte que toute espérance est vaine, à moins que sa noble mère et sa femme, qui, à ce que j'apprends, sont dans le dessein d'aller le solliciter elles-mêmes, ne viennent à bout de lui arracher le pardon de sa patrie. Ainsi quittons cette place, et allons, par nos instances, encourager leur résolution et hâter leur démarche.

(Ils sortent.)

SCÈNE II

Les avant-postes du camp des Volsques devant Rome.

SENTINELLES montant la garde. (Ménénius s'approche d'elles.)

PREMIER SOLDAT.—Halte-là: d'où es-tu?

SECOND SOLDAT.—Arrière, retourne sur tes pas.

MÉNÉNIUS.—Vous faites votre devoir en braves soldats; c'est bien: mais permettez; je suis un fonctionnaire de l'Etat, et je viens pour parler à Coriolan.

PREMIER SOLDAT.—De quel lieu venez-vous?

MÉNÉNIUS.—De Rome.