(Il fléchit le genou.)
VOLUMNIE.—Non, mon brave soldat, lève-toi; lève-toi, mon cher Marcius, mon noble Caïus, et encore un surnom nouveau qui comble l'honneur de tes exploits! Oui, Coriolan: n'est-ce pas le nom qu'il faut que je te donne? Mais voilà ta femme...
CORIOLAN.—Salut, mon gracieux silence! Quoi! aurais-tu donc ri si tu m'avais vu rapporté dans un cercueil, toi qui pleures à mon triomphe? Ah! ma chère, ce sont les veuves de Corioles, et les mères qui ont perdu leurs enfants qui pleurent ainsi...
MÉNÉNIUS.—Que les dieux te couronnent!
CORIOLAN.—Ah! vous vivez encore? (A Valérie.) Aimable dame, pardonnez.
VOLUMNIE.—Je ne sais de quel côté me tourner.—O mon fils! sois le bienvenu dans ta patrie; et vous aussi, général, soyez tous les bienvenus.
MÉNÉNIUS.—Sois mille et mille fois le bienvenu! Je suis prêt à pleurer et à rire. Mon coeur est tout à la fois triste et gai.—Sois le bienvenu! Qu'une malédiction dévore le coeur de celui qui n'est pas joyeux de te voir! Vous êtes trois que Rome doit adorer: mais j'en atteste tous les yeux, nous avons ici quelques vieux troncs ingrats sur lesquels on ne peut greffer la moindre affection pour vous. N'importe: soyez les bienvenus, ô guerriers! Une ortie ne sera jamais qu'une ortie, et les travers des fous seront toujours folie.
COMINIUS.—Il a toujours raison.
CORIOLAN.—Toujours Ménénius, toujours le même.
LE HÉRAUT.—Faites place: avancez.