LE ROMAIN.—Oui, il est banni.
LE VOLSQUE.—Avec cette nouvelle, Nicanor, vous êtes sûr d'être bien reçu.
LE ROMAIN.—L'occasion est bonne pour les Volsques. J'ai entendu dire que le moment le plus favorable pour séduire une femme, c'est quand elle est en querelle avec son mari. Votre noble Tullus Aufidius va figurer avec avantage dans cette guerre, à présent que son grand adversaire Coriolan n'a plus ni crédit ni emploi dans sa patrie.
LE VOLSQUE.—Il ne peut manquer d'y briller. Je me félicite de cette rencontre inattendue: grâce à vous, ma commission est remplie, et je vais vous accompagner avec joie jusqu'à mon logis.
LE ROMAIN.—D'ici au souper, je vous apprendrai bien des nouvelles de Rome qui vous surprendront, et qui toutes tendent à I'avantage de ses ennemis. N'avez-vous pas, disiez-vous, une armée prête à marcher?
LE VOLSQUE.—Une armée superbe; les centurions ont déjà reçu leurs commissions et leur paye; ils ont l'ordre d'être sur pied une heure après le premier signal.
LE ROMAIN.—Je suis ravi d'apprendre qu'ils sont tout prêts, et je suis I'homme, je crois, qui va les mettre dans le cas d'agir à l'heure même. Je m'applaudis de vous avoir rencontré, et votre compagnie me fait grand plaisir.
LE VOLSQUE.—Vous vous chargez là de mon rôle: c'est moi qui ai le plus sujet de me réjouir de la vôtre.
LE ROMAIN.—Allons, marchons ensemble.
(Ils sortent.)