(Cymbeline et Imogène s'éloignent et s'entretiennent ensemble.)

BÉLARIUS.--Ce jeune homme n'est-il pas revenu du trépas à la vie?

ARVIRAGUS.--Deux grains de sable ne se ressemblent pas davantage. Oui, c'est cet aimable enfant aux joues de rose, qui est mort, et qui s'appelait Fidèle; qu'en pensez-vous?

GUIDÉRIUS.--C'est celui qui était mort, et qui est en vie.

BÉLARIUS.--Chut! chut! considérons encore. Il ne nous remarque pas, attendez: deux créatures peuvent se ressembler; si c'était lui, je suis sûr qu'il nous aurait parlé.

GUIDÉRIUS.--Mais nous l'avons vu mort.

BÉLARIUS.--Silence; observons ce qui va suivre.

PISANIO, à part.--C'est ma maîtresse. Puisqu'elle vit, que le temps roule et m'amène à son gré ou les biens ou les maux.

(Cymbeline et Imogène se rapprochent.)

CYMBELINE.--Viens, place-toi à côté de moi. Fais ta demande à haute voix.--Et vous, avancez. (A Iachimo.) Répondez à ce jeune homme et parlez sans détour: ou, j'en jure par notre grandeur et par notre honneur qui en fait l'éclat, les plus cruelles tortures démêleront la vérité du mensonge.--Interroge-le.