ARVIRAGUS.--Mon frère, adieu.

IMOGÈNE.--Je vous souhaite bonne chasse.

ARVIRAGUS.--Et moi une bonne santé. (A Bélarius.) Allons, seigneur.

IMOGÈNE, à part.--Ce sont là de bonnes créatures! Dieux, que de mensonges j'ai entendus! Nos courtisans disaient que hors de la cour tout était sauvage. Expérience, comme tu démens leurs rapports! La mer, dans son empire, engendre des monstres, et, pour la table, une pauvre rivière tributaire fournit des poissons aussi exquis. Je souffre toujours, je souffre au coeur.--Pisanio, je veux essayer de ta drogue.

BÉLARIUS.--Je n'osais pas le presser; il m'a dit qu'il était bien né, mais tombé dans l'infortune; qu'il était persécuté malhonnêtement, mais honnête.

GUIDÉRIUS.--Il m'a répondu de même, mais il m'a dit que dans la suite je pourrais en apprendre davantage.

BÉLARIUS.--Allons, à la plaine, à la plaine. (A Imogène.)--Nous allons te quitter pour ce moment; rentre et repose-toi.

ARVIRAGUS.--Nous ne serons pas longtemps dehors.

BÉLARIUS.--De grâce, ne sois pas malade, car il faut que tu sois l'économe de notre ménage.

IMOGÈNE.--Malade ou bien portant, je vous reste attaché.