(Imogène rentre dans la caverne.)
BÉLARIUS.--Et tu le seras toujours.--Ce jeune homme, quoique dans le malheur, paraît issu de nobles ancêtres.
ARVIRAGUS.--Comme sa voix est angélique!
GUIDÉRIUS.--Et comme il fait bien la cuisine! Il a élégamment découpé nos racines et assaisonné nos bouillons comme si Junon malade avait réclamé ses soins.
ARVIRAGUS.--Avec quelle noblesse le sourire se mêle à ses soupirs! Comme si le soupir n'était ce qu'il est que par le regret de n'être pas sourire; comme si le sourire raillait le soupir de s'éloigner d'un temple aussi divin pour se mêler aux vents qui sont maudits des matelots.
GUIDÉRIUS.--Je remarque que la douleur et la patience, enracinées en lui, entrelacent leurs racines.
ARVIRAGUS.--Patience, deviens la plus forte, et que la douleur, ce sureau infect, cesse d'enlacer sa racine mourante à celle de la vigne prospère.
BÉLARIUS.--Il est grand jour, allons, partons.--Qui va là?
(Entre Cloten.)
CLOTEN.--Je ne puis découvrir ces fuyards; ce misérable m'a joué.--Je succombe.