(Ils s'éloignent en combattant.)

(Bélarius et Arviragus rentrent.)

BÉLARIUS.--Il n'y a personne dans la campagne.

ARVIRAGUS.--Personne au monde; vous vous serez mépris, sûrement.

BÉLARIUS.--Je ne sais; il y a bien des années que je ne l'ai vu, mais le temps n'a rien effacé des traits que son visage avait jadis; les saccades de sa voix et la précipitation de ses paroles...--Je suis certain que c'était Cloten.

ARVIRAGUS.--Nous les avions laissés ici; je souhaite que mon frère vienne à bout de lui; vous dites qu'il est si féroce.

BÉLARIUS.--Je veux dire qu'à peine devenu un homme fait il ne craignait pas des dangers menaçants; car souvent les effets du jugement sont la cause de la peur. Mais voilà ton frère.

(Guidérius paraît de loin tenant la tête de Cloten.)

GUIDÉRIUS.--Ce Cloten était un imbécile, une bourse vide; il n'y avait point d'argent dedans; Hercule lui-même n'aurait pu lui faire sauter la cervelle, il n'en avait point. Et cependant, si j'en avais moins fait, cet imbécile eût porté ma tête comme je porte la sienne.

BÉLARIUS.--Qu'as-tu fait?