GUIDÉRIUS.--Va donc remercier l'homme qui t'en a fait don.--Tu m'as l'air de quelque fou; il me répugne de te battre.

CLOTEN.--Insolent voleur, apprends mon nom et tremble.

GUIDÉRIUS.--Quel est ton nom?

CLOTEN.--Cloten, coquin!

GUIDÉRIUS.--Eh bien! que Cloten soit ton nom, double coquin, il ne peut me faire trembler; je serais plus ému si tu étais un crapaud, une vipère ou une araignée.

CLOTEN.--Pour te confondre de terreur et de honte, apprends que je suis le fils de la reine.

GUIDÉRIUS.--J'en suis fâché; tu ne parais pas digne de ta naissance.

CLOTEN.--Tu n'as pas peur?

GUIDÉRIUS.--Je ne crains que ceux que je respecte, les sages; je me ris des fous, je ne les crains pas.

CLOTEN.--Meurs donc.... Quand je t'aurai tué de ma propre main, j'irai poursuivre ceux qui viennent de fuir devant moi, et je planterai vos têtes sur les portes de la cité de Lud. Rends-toi, grossier montagnard.