(Il sort.)
SCÈNE V
Devant la caverne.
BÉLARIUS, GUIDÉRIUS et ARVIRAGUS paraissent.
GUIDÉRIUS.--Le bruit retentit autour de nous.
BÉLARIUS.--Fuyons-le.
ARVIRAGUS.--Quel plaisir, seigneur, trouvons-nous dans la vie, pour l'enfermer loin de l'action et des aventures?
GUIDÉRIUS.--Oui, et d'ailleurs quel est notre espoir en nous cachant? Si nous prenons ce parti, les Romains doivent ou nous tuer comme Bretons, ou nous adopter d'abord comme d'ingrats et lâches déserteurs tout le temps qu'ils auront besoin de nous, et nous égorger après.
BÉLARIUS.--Mes fils, nous monterons plus haut sur les montagnes, et là nous serons en sûreté. Le parti du roi nous est interdit. La mort trop récente de Cloten, la nouveauté de nos visages inconnus qui n'auraient point paru dans la revue des troupes, pourraient nous obliger à rendre compte du lieu où nous avons vécu; on nous arracherait l'aveu de ce que nous avons fait, et on y répondrait par une mort prolongée par la torture.
GUIDÉRIUS.--Ce sont là des craintes, seigneur, qui, dans un temps comme celui-ci, ne sont pas dignes de vous, et qui ne nous satisfont pas.