WORCESTER.--Non, si vous n'avez pas fini, continuez; nous attendrons votre loisir.

HOTSPUR.--J'ai fini, sur ma parole.

WORCESTER.--Allons, revenons encore une fois à vos prisonniers écossais. Rendez-leur la liberté sur-le-champ et sans rançon, et que le fils de Douglas soit votre seul agent pour lever une armée en Écosse. Ce qui, à raison de diverses causes que je vous expliquerai par cet écrit, sera, soyez-en certain, aisément accompli. (A Northumberland.) Vous, milord, tandis que votre fils sera employé, comme je viens de le dire, en Écosse, vous vous insinuerez adroitement dans le coeur de ce noble prélat, le meilleur de nos amis, l'archevêque.

NORTHUMBERLAND.--D'York, n'est-ce pas?

WORCESTER.--Lui-même, lui qui supporte avec peine la mort que son frère le lord Scroop a subie à Bristol. Je ne parle pas ici par conjectures; je ne dis pas ce que je pense qui pourrait être, mais ce que je sais qui est médité, conçu, déjà réduit en plan, et n'attend que les premiers regards de l'occasion propre à le faire éclore.

HOTSPUR.--Je pressens le tout. Sur ma vie, cela réussira.

NORTHUMBERLAND.--Toujours tu lâches la meute avant que la chasse soit ouverte.

HOTSPUR.--Quoi? Il n'est pas possible que ce plan ne soit excellent. Et ensuite l'armée d'Écosse et d'York!.... Ah! elles se joindront à Mortimer.

WORCESTER.--C'est ce qui arrivera.

HOTSPUR.--Sur ma foi, c'est un projet merveilleusement imaginé.