HOTSPUR.--Cousin, je crois vraiment que tu t'es amouraché de ses folies: jamais je n'ai entendu parler d'un prince qu'on ait laissé en liberté faire autant d'extravagances.--Mais qu'il soit ce qu'il voudra, avant la nuit, je l'étreindrai si fort dans les bras d'un soldat qu'il tremblera sous mes caresses.--Aux armes! aux armes! hâtons-nous.--Compagnons, soldats, amis, représentez-vous par vous-mêmes ce que vous avez à faire aujourd'hui, mieux que je ne pourrais essayer de vous l'apprendre pour enflammer votre courage, moi qui possède si peu le don de la parole.

(Entre un messager.)

LE MESSAGER.--Milord, voici des lettres pour vous.

HOTSPUR.--Je n'ai pas le temps de les lire à présent.--Messieurs, la vie est bien courte; si courte qu'elle soit, passée sans honneur elle serait trop longue, dût-elle, marchant sur l'aiguille du cadran, finir toujours en arrivant au terme de l'heure. Si nous vivons, nous vivrons pour marcher sur la tête des rois: si nous mourons, il est beau de mourir quand des princes meurent avec nous! et quand à nos consciences, les armes sont légitimes, quand la cause qui les fait prendre est juste.

(Entre un autre messager.)

LE MESSAGER.--Préparez-vous, milord; le roi s'avance à grands pas.

HOTSPUR.--Je le remercie de venir interrompre ma harangue; car je ne suis pas fort pour le discours. Seulement ce mot: que chacun fasse de son mieux. Moi, je tire ici une épée dont je veux teindre le fer dans le meilleur sang que pourront me faire rencontrer les hasards de ce jour périlleux. Maintenant, espérance! Percy! et marchons. Faites retentir tous vos bruyants instruments de guerre, et au son de cette musique embrassons-nous tous; car je gagerais le ciel contre la terre qu'il y en aura quelques-uns de nous qui ne se feront plus une pareille amitié.

(Les trompettes sonnent; ils s'embrassent et sortent.)

SCÈNE III

Une plaine près de Shrewsbury.