LE ROI.--Le roi lui-même; et affligé jusqu'au fond du coeur, Douglas, de ce que tu as, jusqu'à présent, trouvé tant de fois son ombre et non pas lui-même. J'ai deux jeunes fils qui cherchent Percy et toi sur le champ de bataille; mais puisque le hasard t'amène si heureusement à moi, nous nous essayerons ensemble; songe à te défendre.
DOUGLAS.--Je crains que tu ne sois encore une contrefaçon, et cependant, je l'avoue, tu te conduis en roi: mais tu es à moi, sois-en sûr, qui que tu sois; et voici qui va te soumettre.
(Ils combattent. Le roi est en danger lorsque le prince Henri arrive.)
HENRI.--Lève ta tête, vil Écossais, ou tu m'as l'air de ne la relever jamais. Les âmes du vaillant Sherley, du Stafford, de Blount, animent mon bras; c'est le prince de Galles qui te menace, et qui ne promet jamais que ce qu'il compte payer. (Ils combattent. Douglas prend la fuite.) Allons, seigneur! Comment se trouve Votre Majesté? Sir Nicolas Gawsey a envoyé demander du secours, et Clifton aussi. Je vais joindre Clifton sans délai.
LE ROI.--Arrête et respire un moment. Tu viens de regagner mon estime que tu avais perdue: tu as montré que tu faisais quelque cas de ma vie, en me tirant si loyalement de péril.
HENRI.--O ciel! ils m'ont aussi fait trop d'injure, ceux qui ont jamais pu dire que j'aspirais à votre mort. S'il en eût été ainsi, je pouvais ne pas détourner de vous le bras arrogant de Douglas; il aurait tranché votre vie aussi promptement qu'auraient pu le faire tous les poisons du monde, et il eût sauvé à votre fils la peine d'une perfidie.
LE ROI.--Va soutenir Clifton; moi, je vais au secours de sir Nicolas Gawsey.
(Le roi sort.)
(Entre Hotspur.)
HOTSPUR.--Si je ne me trompe pas, tu es Henri Monmouth.