LE JUGE.--Je t'en prie, tais-toi.--Payez-lui ce que vous lui devez, et réparez le tort que vous lui avez fait. L'un, vous pouvez le faire avec de bonne monnaie sterling, et l'autre, avec la pénitence d'usage.
FALSTAFF.--Milord, ces reproches ne passeront pas sans réplique. Ce qui n'est chez moi qu'une honorable hardiesse, vous l'appelez une imprudente insolence. Qu'on vous fasse la révérence sans rien dire, et l'on sera un homme de bien. Non, milord; avec tout le respect que je vous dois, je ne serai point un de vos courtisans; et je vous dis nettement que je demande à être délivré de ces huissiers, attendu que je suis chargé de messages pressés pour les affaires du roi.
LE JUGE.--Vous parlez bien comme un homme autorisé à mal faire: mais moi je vous dis, commencez, pour votre honneur, par satisfaire cette pauvre femme.
FALSTAFF, prenant l'hôtesse à part.--Écoute ici, hôtesse?
(Entre Gower.)
LE JUGE.--Eh bien, maître Gower, quelles nouvelles?
GOWER.--Le roi, milord, et Henri le prince de Galles, sont près d'arriver. Ce papier vous dira le reste.
FALSTAFF.--Foi de gentilhomme!
L'HÔTESSE.--C'est comme cela que vous me l'avez déjà dit.
FALSTAFF.--Foi de gentilhomme!--Allons, n'en parlons plus.