L'HÔTESSE.--Mon bon capitaine.... Tranquillisez-vous, il est bien tard; je vous en supplie, apaisez votre colère.

PISTOL.--Soyons de bonne humeur, je le veux bien; mais des chevaux de transport, de mauvaises rosses d'ânes gorgés de nourriture, qui ne peuvent faire plus de trente milles par jour, iront-ils se comparer aux César, aux Cannibal, aux Grecs Troyens? Non, qu'ils soient plutôt damnés avec le roi Cerbère, et puisque les cieux mugissent, nous ne nous troublerons pas pour des bagatelles.

L'HÔTESSE.--En vérité, capitaine, ce sont là des paroles bien dures.

BARDOLPH.--Va-t'en, bon enseigne, tout cela finirait par de la brouille.

PISTOL.--Que les hommes meurent comme des chiens, que les écus se donnent comme des épingles! N'avons-nous pas Hirène ici?

L'HÔTESSE.--Sur ma parole, capitaine, il n'y a ici personne comme cela. Par mon salut, est-ce que vous croyez que je la cacherais? Pour l'amour de Dieu, point de bruit.

PISTOL.--Eh bien, mange donc et engraisse-toi, ma belle Callipolis: allons, verse-moi du vin d'Espagne. Si fortuna me tormenta, sperato me contenta. Est-ce qu'une bordée nous fait peur? Non, non: que l'ennemi fasse feu.... Un peu de vin d'Espagne; et toi, mon cher coeur (A son épée qu'il pose à terre), mets-toi là. Eh bien donc, est-ce là tout, n'aurons-nous pas le et cætera?

FALSTAFF.--Pistol, je voudrais être tranquille ici.

PISTOL.--Mon cher chevalier, je vous baise le poing; nous avons vu les sept étoiles.

DOROTHÉE.--Jette-le à bas des escaliers. Je ne veux pas supporter le galimatias de ce drôle-là.