GLOCESTER.--Paix, lord maire: tu ne connais pas les outrages que j'ai essuyés. Ce Beaufort, qui ne respecte ni Dieu ni le roi, a ici usurpé la Tour à son usage.
WINCHESTER, au maire.--Tu vois ici Glocester, l'ennemi des citoyens, un homme qui propose toujours la guerre, et jamais la paix; imposant à vos libres trésors d'énormes tributs; cherchant à renverser la religion, sous prétexte qu'il est le protecteur du royaume. Et il voudrait ici enlever de la Tour l'armure et l'appareil de la majesté, pour se couronner roi, et faire disparaître le prince.
GLOCESTER.--Je ne te répondrai pas par des mots, mais par des coups.
(Leurs gens s'attaquent de nouveau.)
LE MAIRE.--Dans cette rixe tumultueuse, il ne me reste que la ressource d'une proclamation à haute voix.--Officier, avance, et parle aussi haut que tu le pourras.
L'OFFICIER.--Vous tous, gens de toute classe, qui êtes ici assemblés en armes, contre la paix de Dieu et du roi, nous vous ordonnons et commandons, au nom de Sa Majesté, de vous retirer chacun dans vos maisons, et de ne porter, manier, ni employer désormais aucune épée, arme ou poignard sous peine de mort.
GLOCESTER.--Cardinal, je ne veux pas enfreindre la loi: mais nous nous rencontrerons, et nous nous expliquerons à loisir.
WINCHESTER.--Oui, Glocester, nous nous rencontrerons, et il t'en coûtera cher, sois-en sûr; j'aurai le sang de ton coeur pour ce que tu as fait là aujourd'hui.
LE MAIRE.--Je vais assembler le peuple, si vous différez de vous retirer.--Ce cardinal est plus hautain que Satan.
GLOCESTER.--Maire, adieu. Ce que tu fais, tu as droit de le faire.