WINCHESTER.--Exécrable Glocester, veille sur ta tête; car je prétends l'avoir avant peu. (Ils sortent.)
LE MAIRE, à ses officiers.--Veillez à ce qu'on quitte ce lieu, et ensuite nous nous retirerons.--Grand Dieu! est-il possible que des nobles nourrissent de pareilles haines? Pour moi je ne combats pas une fois dans quarante ans.
(Il sort avec ses officiers.)
SCÈNE IV
France.--Devant Orléans.
Entrent, sur les remparts, LE MAITRE CANONNIER D'ORLÉANS ET SON FILS.
LE CANONNIER.--Mon garçon, tu sais comment Orléans est assiégé, et comment les Anglais ont emporté les faubourgs?
LE FILS.--Je le sais, mon père, et j'ai souvent tiré sur eux: mais, malheureux que je suis, chaque fois j'ai manqué mon coup.
LE CANONNIER.--A présent tu ne le manqueras pas. Suis mes avis. Je suis maître canonnier en chef de cette ville; il faut que je fasse quelque chose pour me faire bien venir. Les espions du prince m'ont informé que les Anglais, bien retranchés dans les faubourgs, pénètrent par une secrète grille de fer dans la tour que tu vois là-bas, pour dominer la ville, et découvrir de là comment ils pourront, avec le plus d'avantage, nous mettre en péril, soit par leur artillerie, soit par un assaut. Pour faire cesser cet inconvénient, j'ai dirigé contre cette tour une pièce de calibre, et j'ai veillé ces trois jours entiers pour tâcher de les apercevoir. Toi, mon garçon, prends ma place, et veille à ton tour, car je ne puis rester plus longtemps à ce poste. Si tu aperçois quelque Anglais, cours et viens me l'annoncer; tu me trouveras chez le gouverneur.
(Il sort.)