FIN DU PREMIER ACTE.
ACTE DEUXIÈME
SCÈNE I
France.--Devant Orléans.
Entre UN SERGENT français, avec DEUX SENTINELLES.
LE SERGENT.--Camarades, à vos postes, et soyez vigilants. Si vous entendez quelque bruit, si vous apercevez quelque ennemi près des remparts, donnez-nous-en avis au corps de garde par quelque signal.
LES SENTINELLES.--Sergent, vous serez averti. (Le sergent sort.) Ainsi les pauvres subalternes, tandis que les autres dorment tranquilles sur leurs lits, sont contraints de veiller au milieu des ténèbres, par le froid et la pluie!
(Entrent Talbot, Bedford, le duc de Bourgogne et les troupes, munis d'échelles d'assaut. Leurs tambours battent une marche sourde.)
TALBOT.--Lord régent, et vous, duc redouté dont l'alliance nous donne l'amitié des provinces d'Artois, de Flandre et de Picardie, pendant cette nuit favorable, les Français sont sans défense, après avoir bu et banqueté tout le jour. Saisissons cette occasion: elle est faite pour nous venger de leur fraude, oeuvre de perfidie et d'une sorcellerie diabolique.
BEDFORD.--Lâche roi! Quel outrage il fait à sa renommée en désespérant ainsi de la vigueur de son bras, et en se liguant avec des sorcières et des suppôts d'enfer!