PLANTAGENET.--Sage Vernon, je vous dois beaucoup, d'avoir cueilli une rose en faveur de mon parti.

VERNON.--Et je la porterai toujours pour sa défense.

L'AVOCAT.--Et moi aussi.

PLANTAGENET.--Je vous rends grâces, brave gentilhomme.--Allons dîner ensemble tous quatre. J'ose dire qu'un jour viendra où cette querelle s'abreuvera de sang.

(Il sort.)

SCÈNE V

Une salle dans l'intérieur de la Tour.

Entre MORTIMER, porté sur un siége par DEUX GEOLIERS.

MORTIMER.--Gardiens compatissants de mon infirme vieillesse, laissez Mortimer mourant se reposer ici. Je souffre dans tous mes membres endoloris par ma longue prison, comme un malheureux à peine échappé à la torture. Je suis aussi vieux que Nestor et vieilli par un siècle de peines, et ces cheveux blancs, messagers du trépas, annoncent la fin d'Edmond Mortimer. Ces yeux, tels que des lampes dont l'huile est consumée, s'obscurcissent de plus en plus, comme prêts à s'éteindre. Mes épaules fléchissent sous le poids du chagrin, et mes bras languissants tombent comme une vigne flétrie, dont les rameaux desséchés rampent sur la terre. Et cependant ces pieds, dont la plante sans force ne peut plus soutenir cette masse d'argile, semblent prendre des ailes dans le désir de me porter au tombeau, comme s'ils comprenaient qu'il ne me reste plus d'autre refuge. Mais, dis-moi, geôlier, mon neveu viendra-t-il?

PREMIER GEOLIER.--Milord, Richard Plantagenet viendra: nous avons envoyé à son appartement dans le Temple, et sa réponse a été qu'il allait venir.