SCÈNE II
A Londres.--Une salle du palais.
Entrent LE ROI HENRI, GLOCESTER ET EXETER.
LE ROI.--Avez-vous vu les lettres du pape, de l'empereur et du comte d'Armagnac?
GLOCESTER.--Oui, mon prince, et voici ce qu'elles contiennent: ils demandent en grâce à Votre Majesté qu'une bienheureuse paix soit conclue entre la France et l'Angleterre.
LE ROI.--Et que pensez-vous de cette demande?
GLOCESTER.--Je l'approuve, mon prince, comme le moyen d'arrêter l'effusion du sang chrétien et de rétablir la tranquillité dans les deux royaumes.
LE ROI.--Allons, j'y consens, mon oncle; car j'ai toujours pensé que c'était une chose impie et contre nature, que d'entretenir ces barbares et sanglantes querelles entre des nations qui professent la même foi.
GLOCESTER.--De plus, sire, pour accélérer et affermir encore plus le noeud de cette alliance, le comte d'Armagnac, proche parent de Charles, et homme d'un grand poids en France, propose à Votre Majesté sa fille en mariage, avec une riche et magnifique dot.
LE ROI.--En mariage? Hélas! mon oncle, je suis bien jeune encore: mon cabinet et mes livres vont mieux à mon âge que l'amour et le choix d'une femme. Cependant, qu'on fasse entrer les ambassadeurs, et que chacun d'eux reçoive la réponse que vous jugerez convenable; je serai satisfait de toute résolution qui tendra à la gloire de Dieu et au bien de mon pays.