PREMIER PÉTITIONNAIRE.--Je vous prie, milord, pardonnez; je vous ai pris pour milord protecteur.

MARGUERITE, lisant le dessus des pétitions.--Milord protecteur! C'est à Sa Seigneurie que vos suppliques s'adressent? Laissez-moi les voir.--Quelle est la tienne?

DEUXIÈME PÉTITIONNAIRE.--La mienne, avec la permission de Votre Grâce, est contre John Goodman, un des gens de milord cardinal, qui m'a pris ma maison, mes terres, ma femme et tout.

SUFFOLK.--Ta femme aussi? Cela n'est pas trop bien, en effet. Et vous, la vôtre?--Qu'est-ce que c'est? (Il lit.) Contre le duc de Suffolk, pour avoir fait enclore les communes de Melfort. Comment, monsieur le drôle!

PREMIER PÉTITIONNAIRE.--Hélas! monsieur; je ne suis qu'un pauvre citoyen chargé des plaintes de toute notre ville.

PIERRE, présentant sa pétition.--Contre mon maître Thomas Horner, pour avoir dit que le duc d'York était le légitime héritier de la couronne.

MARGUERITE.--Que dis-tu là? Le duc d'York a-t-il dit qu'il était l'héritier légitime de la couronne?

PIERRE.--Que mon maître l'était? non vraiment. Mais mon maître a dit qu'il l'était, et que le roi était un usurpateur.

(Entrent des domestiques.)

SUFFOLK.--Y a-t-il quelqu'un là? Retenez cet homme et envoyez chercher son maître par un huissier. Nous nous occuperons de votre affaire en présence du roi.