LA DUCHESSE.--Bien dit, mes maîtres; soyez tous les bienvenus. A la besogne; le plus tôt sera le mieux.
BOLINGBROOK.--Patience, ma bonne dame; les magiciens connaissent leur temps; la profonde nuit, la sombre nuit, le silence de la nuit, l'heure de la nuit où l'on mit le feu à Troie; le temps où errent les oiseaux funèbres, où hurlent les chiens de garde, où les esprits se promènent, où les fantômes brisent leurs tombeaux: tel est le temps propre à l'oeuvre qui nous tient occupés. Asseyez-vous, madame, et ne craignez rien; ce que nous allons faire paraître ne pourra sortir de l'enceinte sacrée.
(Ils exécutent les cérémonies d'usage, et tracent le cercle. Bolingbrook ou Southwell lit la formule, Conjuro te, etc. Éclairs et tonnerres effroyables, l'Esprit sort de terre.)
L'ESPRIT.--Adsum.
MARGERY.--Asmath, par le Dieu éternel, dont le nom et le pouvoir te font trembler, réponds à mes demandes; car jusqu'à ce que tu m'aies satisfait, tu ne passeras point cette enceinte.
L'ESPRIT.--Demande ce que tu voudras: que n'ai-je déjà dit et fini!
BOLINGBROOK, lisant les questions contenues dans un papier.--D'abord le roi, qu'en doit-il advenir?
L'ESPRIT.--Le duc qui déposera Henri est vivant; mais il lui survivra et mourra d'une mort violente.
(A mesure que l'Esprit parle, Southwell écrit la réponse.)
BOLINGBROOK.--Quel est le sort qui attend le duc de Suffolk?