GLOCESTER.--Prêtre ambitieux, cesse d'affliger mon coeur. L'accablement et la douleur ont vaincu mon courage; et vaincu que je suis, je te cède comme je céderais au dernier valet.

LE ROI.--O Providence! quels crimes trament les méchants! et toujours pour amener la destruction sur leur propre tête!

MARGUERITE.--Glocester, ton nid est déshonoré; et toi-même, prends bien garde d'être irréprochable, je te le conseille.

GLOCESTER.--Madame, pour moi j'en appelle au Ciel de l'amour que j'ai porté à mon roi et à l'État. Quant à ma femme, j'ignore comment sont les choses. Je suis affligé d'avoir appris ce que je viens d'apprendre. Elle est noble; mais si elle a mis en oubli l'honneur et la vertu, et qu'elle ait eu commerce avec gens dont le contact, semblable à la poix, entache toute noblesse, je la bannis de mon lit et de ma compagnie, et j'abandonne aux lois et à l'opprobre celle qui déshonore l'honnête nom de Glocester.

LE ROI.--Allons, nous coucherons ici cette nuit. Demain nous retournerons à Londres pour examiner cette affaire à fond, interroger ces odieux coupables, et peser leur cause dans les équitables balances de la justice, dont le fléau ne sait point fléchir, et d'où le droit sort triomphant.

(Fanfares. Ils sortent.)

SCÈNE II

Londres.--Jardins du duc d'York.

Entrent YORK, SALISBURY ET WARWICK.

YORK.--Maintenant, mes chers lords de Salisbury et de Warwick, souffrez qu'après notre modeste souper, et dans cette promenade solitaire, je me donne la satisfaction de chercher à vous prouver mon titre incontestable à la couronne d'Angleterre.