LE ROI.--Abstenez-vous de juger, car nous sommes tous pécheurs. Fermez ses yeux, tirez les rideaux sur son corps, et allons tous méditer.
FIN DU TROISIÈME ACTE.
ACTE QUATRIÈME
SCÈNE I
Le bord de la mer près de Douvres.
On entend sur la mer des coups de feu, puis on voit descendre d'un bâtiment UN CAPITAINE de navire, UN PILOTE, UN CONTRE-MAÎTRE, WALTER WHITMORE, et leurs gens, amenant SUFFOLK, et d'autres gentilshommes de sa suite, prisonniers.
LE CAPITAINE.--Enfin le jour indiscret, joyeux, ouvert à la pitié, est rentré dans le sein profond de la mer. Maintenant les loups et leurs bruyants hurlements éveillent les coursiers qui tirent le char funeste de la nuit mélancolique, et de leurs ailes endormies, lentes et molles, enveloppent les tombeaux des morts, tandis que de leur gueule humide s'exhalent, dans l'air épaissi, les ténèbres contagieuses. Amenez donc les guerriers que nous venons de prendre; tandis que notre pinasse va rester à l'ancre dans les dunes, ils vont ici, sur la plage, traiter de leur rançon, où ils teindront de leur sang ce sable décoloré. Pilote, je te cède de bon coeur ce captif, et toi, contre-maître, fais ton profit de son compagnon. (Désignant Suffolk.) Withmore, celui-ci est ton partage.
PREMIER GENTILHOMME.--A quoi suis-je taxé, maître? fais-le-moi savoir.
LE PILOTE.--A mille couronnes; faute de quoi, à bas la tête.
LE CONTRE-MAÎTRE.--Et vous, vous m'en donnerez autant, ou la vôtre sautera.