BUCKINGHAM.--Sur mon honneur, il est en prison.

YORK.--En ce cas, Buckingham, je congédie mon armée. Soldats, je vous remercie tous: dispersez-vous, et venez demain me trouver aux prés de Saint-George; vous y recevrez votre paye, et tout ce que vous pourrez désirer. Que mon souverain, le vertueux Henri, me demande mon fils aîné; que dis-je! tous mes fils, comme otages de ma fidélité et de mon attachement: je les lui remettrai tous avec autant de satisfaction que j'en ai à vivre. Terres, biens, cheval, armure, tout ce que je possède est à ses ordres, comme il est vrai que je désire que Somerset périsse.

BUCKINGHAM.--York, je loue cette affectueuse soumission, et nous allons nous rendre ensemble à la tente du roi.

(Entre le roi avec sa suite.)

LE ROI.--Buckingham, York n'a-t-il donc point dessein de nous nuire, que je le vois s'avancer ainsi son bras passé dans le tien?

YORK.--York vient, rempli de soumission et de respect, se présenter à Votre Majesté.

LE ROI.--Dans quelle intention as-tu donc amené toutes ces troupes?

YORK.--Pour enlever d'auprès de vous le traître Somerset, et pour marcher contre Cade, cet abominable rebelle, que je viens d'apprendre avoir été défait.

(Entre Iden avec la tête de Cade.)

IDEN.--Si un homme grossier comme moi et d'une aussi basse condition peut paraître en la présence d'un roi, je viens offrir à Votre Grâce la tête d'un traître, la tête de Cade que j'ai tué en combat.