CLIFFORD.--C'est un traître. Faites-le conduire à la Tour, et qu'on vous mette à bas sa tête séditieuse.
MARGUERITE.--Il est arrêté; mais il ne veut pas obéir. Ses fils, dit-il, donneront pour lui leur parole.
YORK.--N'y consentez-vous pas, mes enfants?
ÉDOUARD PLANTAGENET.--Oui, mon noble père, si nos paroles peuvent vous servir.
RICHARD PLANTAGENET.--Et si nos paroles ne le peuvent, ce sera nos épées.
CLIFFORD.--Quoi? quelle race de traîtres avons-nous donc ici?
YORK.--Regarde dans un miroir, et donne ce nom à ton image. Je suis ton roi, et toi un traître au coeur faux. Appelez ici, pour se placer au poteau [24], mes deux braves ours; que du seul bruit de leurs chaînes ils fassent trembler ces chiens félons qui tournent timidement autour d'eux. Priez Salisbury et Warwick de se rendre près de moi.
Note 24:[ (retour) ] Call hither to the stake.
Cette allusion de l'ours qu'on enchaînait à un poteau, et qu'on faisait harceler par une meute de chiens, est familière à Shakspeare pour désigner un guerrier redoutable. Un ours rampant était l'écusson des Nevils.
(Tambours. Entrent Salisbury et Warwick avec des soldats.)
CLIFFORD.--Sont-ce là tes ours? Eh bien! je harcèlerai tes ours jusqu'à la mort, et de leurs chaînes j'attacherai le gardien d'ours lui-même, s'il se hasarde à les conduire dans la lice.