NORTHUMBERLAND.--Tu te trompes. Ce n'est pas, malgré la présomption qu'elle t'inspire, la puissance que te donnent dans le midi tes comtés d'Essex, de Suffolk, de Norfolk et de Kent, qui peut élever le duc au trône malgré moi.
CLIFFORD.--Roi Henri, que ton titre soit légitime ou défectueux, lord Clifford jure de combattre pour ta défense. Puisse s'entr'ouvrir et m'engloutir tout vivant le sol où je fléchirai le genou devant celui qui a tué mon père!
LE ROI.--O Clifford! combien tes paroles raniment mon coeur!
YORK.--Henri de Lancastre, cède-moi ta couronne. Que murmurez-vous, lords, ou que concertez-vous ensemble?
WARWICK.--Rendez justice au royal duc d'York, ou je vais remplir cette salle de soldats armés, et, sur ce trône où il est assis, écrire son titre avec le sang de l'usurpateur.
(Il frappe du pied, et les soldats se montrent.)
LE ROI.--Milord de Warwick, écoutez seulement un mot.--Laissez-moi régner tant que je vivrai.
YORK.--Assure la couronne à moi et à mes enfants, et tu régneras en paix le reste de tes jours.
LE ROI.--Je suis satisfait. Richard Plantagenet, jouis du royaume après ma mort.
CLIFFORD.--Quel tort cela fera au prince votre fils!