WARWICK.--Je l'espère aussi. Victorieux prince d'York, je jure par le ciel de ne point fermer les yeux que je ne t'aie vu assis sur le trône qu'usurpe aujourd'hui la maison de Lancastre. Voici le palais de ce roi timide; voilà son trône royal. Possède-le, York; car il est à toi, et non pas aux héritiers de Henri.

YORK.--Seconde-moi donc, cher Warwick, et j'en vais prendre possession; car nous ne sommes entrés ici que par la force.

NORFOLK.--Nous vous seconderons tous.--Périsse le premier qui recule!

YORK.--Je vous remercie, noble Norfolk!--Ne vous éloignez point, milords.--Et vous, soldats, demeurez, et passez ici la nuit.

WARWICK.--Quand le roi paraîtra, ne lui faites aucune violence, à moins qu'il n'essaye de vous chasser par la force.

(Les soldats se retirent.)

YORK.--La reine doit tenir ici aujourd'hui son parlement: elle ne s'attend guère à nous voir de son conseil: par les paroles ou par les coups, il faut ici même faire reconnaître nos droits.

RICHARD.--Occupons, armés comme nous le sommes, l'intérieur du palais.

WARWICK.--Ce parlement s'appellera le parlement de sang, à moins que Plantagenet, duc d'York, ne soit roi; et ce timide Henri, dont la lâcheté nous a rendus le jouet de nos ennemis, sera déposé.

YORK.--Ne me quittez donc pas, milords. De la résolution, et je prétends prendre possession de mes droits.